Idéologies Croyances Religions

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     Religions ; Croyances ; Idéologies ...

 

            NON !

 

Idéologies      Croyances      Religions

 

Il s'agit encore d'une triade et dans les triades le plus abstrait est à gauche, le plus incarné à droite et le plus mobile

au centre.

Les idéologies nous viennent le plus souvent d'intellectuels,, de pseudo-philosophes qui ont l'illusion et la naïveté de croire  qu'ils ont découvert une clé pour comprendre le monde et par le pouvoir d'icelle de l'enfermer. Ainsi le communisme, le libéralisme et le socialisme ...

Tiens !   encore une triade mais il vaudrait mieux écrire alors :

le communisme         le socialisme           le libéralisme

Pour le communisme, avec Karl Marx, la clé c'est l'économie et donc le matérialisme qui permet d'embrasser à la fois les échanges et les mécanismes de production qui engendrent la lutte des classes : guerre au capital. Il croit cela scientifique.

 

Pour le socialisme, avec Proudhon comme chef de file, il n'y a pas de clé mais plutôt un balancement indécis entre travail et capital, le désir inavoué de concilier bourgeoisie et prolétariat, bref, un mobile. Le socialisme de Proudhon se veut scientifique et libéral et par là se démarque des socialistes utopiques  ; scientifique, son socialisme affirme la souveraineté de la raison ; libéral, son socialisme entend échapper à l'arbitraire étatique et se construire à partir du pluralisme social : l'ambition comme les difficultés sont immenses, cette idéologie assume ses contradictions.

" révolutionnaire mais non bousculeur ... "  tel se veut Proudhon.

 

Pour le libéralisme, depuis la déclaration des droits de l'homme mais aussi avant avec  John Locke et Spinoza, les chantres du libéralisme : Quesnay, de Gournay, Stuart Mill, Keynes, Tocqueville, Sismondi ...   ils sont presque innombrables les penseurs qui oscillent entre un libéralisme politique ( les libertés formelles ) et un libéralisme économique qui est la condition de libertés réelles telles que définies par Karl Marx.

Cette pluralité d'approches est la conséquence naturelle d'une idéologie qui place l'individu au premier plan dans la société, répugnant à confier à l'état, au collectif, l'organisation de la vie sociale. Si l'état doit renoncer à réguler les échanges, c'est au " Marché ", à la loi de l'offre et de la demande qu'il faudrait confier ou abandonner le souci du bien être collectif.Cet abandon à une force aveugle est certainement le talon d'Achille de l'idéologie libérale...

Avec l'idéologie ou mieux les idéologies libérales nous nous rapprochons des croyances...

 

Si autant de libéraux, autant de libéralismes, nous pouvons affirmer : autant d'hommes, autant d'individus, autant de croyances ... Des systèmes clos des philosophes aux superstitions les plus saugrenues, des manies domestiques aux théories scientifiques, les croyances sont partout : " ne pas marcher sous une échelle "   " redouter la vue d'un chat noir ... " " refuser d'être 13 à table " croyances mais aussi croyances la plupart des théories, voire des observations dites scientifiques :

" Les observations portent toujours en elles de la théorie . " selon Edwin Hubble

 

Croyance encore que la certitude mathématique :

"Nous jugeons fréquemment que dès que nous avons achevé notre étude de l'un, nous connaissons tout ce qui a trait au deux étant donné que deux c'est un ET un . Nous oublions qu'il nous reste encore à faire une étude du ET  ..."

Arthur Eddington

 

Ecoutons Euler, le mathématicien dénoncer les limites de l'approche mathématique :

"Messieurs, c'est absolument certain, bien que totalement paradoxal et nous ne pouvons le comprendre ni ne savons ce que cela signifie mais nous l'avons démontré ... "

( à propos de la formule relative aux nombres complexes )

 

Et pour finir, écoutons Albert Einstein avouer :

" Je dois avouer que l'estime exagérée où l'on tient l'oeuvre de ma vie me rend très mal à l'aise. Je suis obligé de me voir comme un escroc involontaire . Cette oeuvre, vous vous imaginez que je la regarde avec une  calme satisfaction mais vue de près la chose se présente tout autrement : il n'y a pas une seule notion dont je sois convaincu qu'elle tiendra ferme. "

 

Ainsi croyance que la science, croyances que les idéologies ; et QUID des religions ?

 

Les religions sont des croyances motivées .

 

Cela signifie que les religions sont ancrées dans l' Histoire, elles sont incarnées et pour cela figurent à droite dans la triade où elles cotoient idéologies et croyances :

Idéologies      Croyances     Religions

 

Elles sont incarnées par un homme : Bouddha, Confucius, Moïse, Jésus, Mahomet  ... et en cela motivées c'est à dire garanties dans l'ordre du réel, inscrites au grand livre de l'histoire des hommes.

Bouddha, Confucius, Moïse, Jésus, Mahomet ont réellement existé, ils ont vécu à une époque déterminée, nous en avons les preuves, et ils sont morts. Leur message, lui, a survécu ... Pourquoi ?

A la différence des idéologies trop abstraites et des croyances trop singulières, les religions, conformément à l'étymologie : " religere " : relier ont su relier un homme à des hommes, un message individuel à l'histoire collective d'un peuple, d'une nation, d'un ensemble culturel ; elles ont relié l'un au multiple, l'abstrait au concret, un destin à l'histoire, un peuple à d'autres peuples, la terre au ciel et le ciel au cosmos.

Mais ces religions, même si elles sont en nombre limité, à la différence des croyances,entrent en rivalité et se font souvent la guerre ... Comment les départager ? Comment les distinguer ?

Observons que toutes sauf une s'inscrivent dans la sphère du réel humain : composer avec la société, les contraintes, les obligations, les règles du jeu social : naissance ; éducation ; mariages ; métiers ; activités ; vieillissement et mort . Tout cela est naturel ; une seule religion revendique, proclame, affirme sa foi dans le surnaturel, la religion chrétienne.

 

" La plus folle et pourtant la seule vraie ! " a dit Blaise Pascal

 

La naissance virginale de Jésus, sa résurrection passent l'entendement et font basculer la religion chrétienne dans le surnaturel ; et pourtant elle se dit " catholique "  donc concernant la totalité du monde .

 

Pour conclure, rappelons en quoi idéologies, croyances et religions à la fois diffèrent et en même temps prennent place à l'intérieur d'une même triade.

A gauche, les idéologies coupées du réel veulent s'imposer, souvent avec une extrême violence, à ce réel qu'elles ignorent (cela produit les totalitarismes ) ; au centre, mobiles, les croyances pullulent, se chevauchent, n'en finissent pas de se contredire ; à droite, les religions incarnées dans l'histoire tissent des liens entre les humains, établissent des ponts entre l'idéal et le réel : ce faisant, elles sont des idéologies incarnées, des croyances unifiées ...

 

Que tel d'entre nous s'en tienne à l'idéologie ( mais les communistes se conduisent souvent comme des croyants ... ) ou à sa religion ( mais beaucoup la trahissent par dogmatisme idéologique) , c'est bien dommage ; nous ferions mieux de considérer la triade et d'apprécier l'un de ses termes à l'aune de la portée des deux autres ...

 

 

 

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